mujeres I

Faut plaire.

Asti.

les fanny.

J’ai un père qui vient d’un pays qui a souffert et qui en porte les cicatrices en plein visage. Un pays qui connaît la violence, la vraie. Vraie dans le sens que c’est celle qu’on voit dans les films. Celle qu’on observe de loin en se disant « FIOU, ici c’est pas comme ça ». De l’autre côté j’ai une mère franco-ontarienne hippie qui parle franglais, qui n’a aucune idée de qui est Ricardo mais qui a tout de même une carte Costco.

manifeste

Je crois humblement que tout commence par l’anéantissement de la peur de soi-même. Cette intensité que nous avons d’emblée, celle qui nous a été trop souvent reprochée au point d’être considérée comme une faiblesse, comme quelque chose dont on doit avoir honte. Il a longtemps fallu taire « l’émotion ». Je me dis qu’il est temps de faire l’inverse.

ce qui est chaud.

J’ai tant de choses à te dire que j’ai peur d’oublier. Je regrette de ne pas t’avoir aimé comme il faut. Parce que oui, j’aurais pu, j’aurais dû. Mais ce serait moins beau. Trop peu trop tard comme on dit. J’irai en aimer un autre.

bout du monde (boom).

Dans les rues de Madrid, il fait toujours chaud. C’est à cause de murs plus hauts et des rues plus étroites. Ils gardent la chaleur parce qu’ils ont peur du froid. On a beaucoup en commun les murs et moi.

le tribunal des coeurs perdus.

Le cœur et tout ce qu’il rend possible ne sont pas à prendre à la légère. Les cœurs vieillissent, s’endurcissent et noircissent lorsqu’on les oublis. Ils perdent leur capacité à nous faire voir le beau. Gardez le vôtre bien rose et vous serez heureuse.

coeur qui penche.

Ça te rassure que je sois là? Moi oui. Ça me fait croire que l’amour il peut durer toujours. Il est là, je ne le touche pas, alors il ne s’abime pas. Nous sommes loin de l’ordinaire qui tue les histoires de gens qui s’aiment.

sorcières.

Je les ai toujours imaginées seules les sorcières. Solitaires, éternellement en mouvement, mais sans être nomades. Une mouvance qui s’opère de l’intérieur et qui se voit seulement lorsque l’on sait regarder comme il le faut.

Bout du monde.

On a fait un court-métrage, il est sur la page Facebook, mais aussi sur youtube. Il s’appelle Bout du monde.

SO LONG, LEONARD.

C’est celui qui raconte le mieux les grands amours. Celui qui me donne envie d’être une Marianne, une Suzanne. C’est la soutenable lourdeur de l’être. Celui qui me fait souhaiter toutes ses choses qui ont le pouvoir de nous habiter longtemps.

POUSSIÈRE.

Je l’ai portant rejeté à l’adolescence ce moule-là. Avec verve en plus. Je lui ai craché dessus. Je l’ai mis à l’envers. Je l’ai déchiqueté en 1000 morceaux, pourquoi finalement? Pour le remettre ensemble comme un casse-tête, identique à l’image qu’il était au tout début.

LE MONDE À L’ENVERS.

Il me fallait rester loin de l’inconfort que me cause la certitude de savoir que tout va bien. C’était troublant, mais exaltant, d’être aussi bien dans le tumulte, de trouver que le monde est à son plus beau lorsqu’il est à l’envers. Il faut dire que son beau désordre n’est pas dans la violence, mais dans le laisser-aller des jolies choses.

L’IMAGE.

Ma mère me dit toujours que nos yeux ne peuvent pas faire semblant. C’est dire que la vérité est toujours là, de l’autre côté du miroir. Mais on est plus occupés à regarder notre reflet dans l’œil de l’autre plutôt que d’essayer de voir ce qui se cache vraiment derrière.
Je comprends, moi aussi il me fait peur le regard des autres.

 

COLLAGE.

C’est beau comme ça a l’air facile d’être bien dans sa peau. La mienne, elle ne me sied pas tous les jours. Des fois je la sens ridée parce que trop grande et des fois ça pique parce qu’elle est trop serrée.

STAINLESS II

Dès son plus jeune âge, tu vas lui apprendre à sourire pour plaire, sourire pour être aimée, sourire pour être en sécurité. Elle va devoir être une superfemme tout de suite. Il faudra qu’elle sache cuisiner aussi. Tu lui montreras très jeune comment faire tes cupcake red velvet. Elle pourra épater tout le monde avec ça. Elle sera tellement l’idéale que même les garçons qui n’en sont pas amoureux voudront la marier.

STAINLESS.

Il ne voulait pas mal faire. Personne ne l’avait sensibilisé à ça encore, les rôles des hommes et des femmes qui peuvent s’inverser.

LES CHOSES QUI GOÛTENT

Il n’y a rien de plus rassurant que misère de l’autre. À 22h30, on essuie nos larmes de culpabilité et on retourne à la bouteille de vin à moitié vide posée sur le comptoir de cuisine en stainless. On se verse un 3e verre, on nettoie la goutte qui est tombée à côté et on oublie.

LES PLANÈTES

C’est important d’être jolis à deux. Sinon, l’amour, il a l’air de manquer de cohérence et personne n’y croit. Nous, on bougeait de la même façon avant même de se connaitre. Ma mère disait qu’à tour de rôle, on avait l’air de graviter autour de l’autre. J’ai aimé ça qu’elle nous compare à des planètes.

LE VIDE.

Alors je danse. Je danse pour chasser toute la retenue que j’ai porté aujourd’hui. Mon corps, je le sens au complet, chaque particule qui le forme s’emballe et s’enflamme avec les autres.

GIROUETTE

Ma nuance n’est ni physique, ni tangible, elle est sensorielle. Je me sens curieuse parce que je ne coïncide pas avec ce que je vois dehors. Une amie m’a dit que c’est parce que je suis une fille-girouette…

COMME AU CINÉMA

Le 9 à 5, le yoga et les soupers végétariens même si j’adore la viande. Moi heureuse pour pas de raison. Ma vie qui goute bon. Le moment du film ou tout va bien. Le calme avant la tempête qui ne viendra plus jamais. Arriver à l’aéroport. Me dire qu’il va voir mon univers. Peut-être qu’on ne s’aimera plus parce qu’on va devenir ordinaire.

LA WESTFALIA 

Parce que j’étais à l’âge où il ne m’en fallait pas plus pour tomber amoureuse. De beaux yeux bleus et une Westfalia.

TOUT NU

Je me suis déshabillée au beau milieu de la cuisine. Il m’a regardé un peu de travers, l’air de vouloir me dire ‘’j’aime-ça-que-tu-sois-toute-nue-mais-what-the-fuck’’.

COMME UNE ENFANT

Si belle qu’elle est la Sybelle. Si elle avait été une lettre, elle aurait fait partie des voyelles, mais n’aurait pas été le E. Peut-être avec un accent grave parce que ça sonne beau.

LA FEMME ET LA FILLE

Moi, je veux aimer celui qui va me regarder dormir et me trouver aussi belle que Jeanne Moreau.

MAIN DANS LA MAIN

Un peu de poussière ça peut faire ça aussi. Du sale, de l’impoli, ça sous-entend un laisser-aller, du confortable. Peut-être que c’est ça qu’il aime chez moi. Ici, il peut être lui-même.

LES PISSENLITS

On n’est plus assez pauvres pour être romantiques.

LES DIALOGUES IMPUDIQUES

Peut-être qu’une overdose de vrai devient comme le faux.

 

 

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