TOUT NU.

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Il s’est finalement passé quelque chose de clair hier. J’étais avec le garçon que j’aime ces temps-ci en train de défaire l’épicerie. Il y a eu un éveil, un déclic dans mon moi si fort que j’en tremble encore.

Je l’aime particulièrement celui-là parce qu’il me parle en Harry Potter souvent. Ça vient chercher la petite fille en moi et je retrouve mes yeux qui pétillent pendant un instant. J’ai tellement l’impression de les avoir perdu ces yeux-là. C’est comme si je sortais d’une cage pour entrer dans une autre, et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps.

J’arrivais toujours dans sa maison en faisant un vacarme fou. Juste pour m’assurer qu’il sache que j’étais là. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. J’avais peut-être peur de tomber sur lui ou son coloc tout nu dans le salon. La nudité non justifiée me rendait toujours mal à l’aise. J’avais quelque chose contre le fait de se faire voir alors que l’on n’en n’avait pas envie.

Je suis entrée dans la cuisine avec 1000 sacs remplis de nourriture parce que quand j’ai de la peine je veux manger trois fois mon corps. Il est sorti de sa chambre, tout nu avec ses bas. Il s’est mis à me parler tout bonnement de sa meilleure amie qui venait de décrocher le rôle de son début de vie dans une série web qui s’avérait très prometteuse avec des hashtags, les gars de Misteur Valaire et tout ce qu’il faut pour être tendance en 2015.

Je la déteste.

Je la déteste parce que je l’envie. À un moment de sa vie, elle a osé. Moi, jamais.

J’ai fixé mon copain en train de défaire l’épicerie en tenue d’Adam, avec moi à ses côtés, figée dans toute la splendeur de ma pudeur. Mon intérieur étouffait, j’aurais explosé de rage sans même savoir pourquoi.

Je me suis déshabillée au beau milieu de la cuisine. Il m’a regardé un peu de travers, l’air de vouloir me dire ‘’j’aime-ça-que-tu-sois-toute-nue-mais-what-the-fuck’’.

Une larme coulait sur ma joue, je me sentais si vulnérable. J’étais là, debout, ébranlable dans l’attente de je ne sais trop quoi.

Regardez-moi! Que j’ai eu envie de crier.

Regardez-moi même quand je dis que je ne veux pas. Que j’ai murmuré.

Me déshabiller. C’est ce que j’avais de mieux pour me confronter. Moi qui doute en permanence et qui ne crois en rien surtout pas en elle. Une fois nue, c’est comme si je n’avais plus le choix d’être courageuse parce que je ne pouvais plus me cacher derrière quoi que ce soit.

Il a senti ma panique et je lui ai tout expliqué plus calmement. Je lui ai dit que moi aussi je veux. Je veux fort. Je ne sais pas quoi, mais je veux.

-Ce serait nice si tu pouvais mettre mes yeux genre 15 secondes. Tu te trouverais tellement rayonnante que t’aurais pu peur de rien. Qu’il m’a dit.

Moi et mes yeux on a souri. Je me suis même sentie courageuse pour au moins une seconde. Je me suis enroulée dans une couverture et me suis installée dans sa chambre noire. Il faisait de la photo ce garçon-là et elles étaient toujours sublimes. Même moi, je me trouvais belle sur elles.

J’ai longuement réfléchi, à ce que j’avais déjà pour être complète, et ce donc j’avais besoin pour remplir mon vide. C’est tout un défi que de remplir du vide une fois qu’on sait qu’il est là. J’avais besoin de me sentir connectée à nouveau, de m’envoler, de croire. Il me fallait prendre une décision, prendre le contrôle. Il fut un temps ou mon univers était tracé, je décidais et me lançais dans tout sans avoir peur. Mais la vie m’a heurtée fort. Elle m’a fait chanceler et j’ai perdu pied. J’ai cru bon de lâcher prise, me disant que ça pourrait être excitant de se laisser surprendre. Mais non. Sans surprise, je suis. Grise grise grise. Incapable de me décider. Incapable d’agir parce que j’en ai perdu l’habitude. Parce que la peur d’échouer ou même de réussir me cloue les pieds à terre.

Quand on brille, on fait des aveugles. Alors parfois on s’éteint et on fait comme si on n’avait rien de spécial. Il me parait plus plaisant, voire facile, de ne rien montrer plutôt que de tout exhiber sans le vouloir.

La peur ça rend paresseux.

Je suis sortie des ténèbres de la pièce noire et suis allée chez moi chercher du matériel pour peindre.

-Tu peins? Qu’il m’a demandée, tout surpris.

-Avant oui. Mais je vais m’y remettre. Que j’ai répondu.

J’ai mis plein de couleur dans un corps de femme en me jurant que demain il fera aussi beau dans ma tête. 

Ça va aller...In the meantime, you’ve got love and it ain’t half bad, que je me suis dit.

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