Coeur qui penche.

C’est doux. Toi et moi surtout, mais la neige qui tombe doucement dehors aussi. C’est une de ces tempêtes de neige qui fait que le temps s’arrête. Dedans, dehors, tout ralentit. Ça me fait du bien de prendre le temps d’écouter ton cœur battre. On vient de faire l’amour, lentement, très lentement. Pas le choix, le temps s’est arrêté. Il faut le suivre. Je suis couchée contre toi, la tête sur ton épaule, la jambe enroulée du mieux qu’elle peut à la tienne, mes seins collés contre ton torse. J’essaie de faire en sorte que le territoire qu’est ma peau t’appartienne au complet. C’est physiquement improbable, mais j’essaie.

Quand j’écoute ton cœur qui bat, j’ai l’impression de te lire. C’est sur lui qu’on aurait dû baser le langage humain, tout serait toujours plus clair, plus sincère. Une langue composée de coups similaires dont la signification dépend du rythme, comme une musique. C’est étrange d’y penser, tu ne peux plus rien me cacher quand je me place ainsi. Poum Poum Poum. Il bat vite, c’est mon corps qui te fait ça ? Tu peux me mentir à moi, à toi, à nous, mais pas à lui. Il n’y pas à dire qu’il te trahira à tous les coups.

C’est triste que tu viennes de si loin. Douloureux de savoir que tu pars demain. Quand je me donne sporadiquement, je me donne sans limite. Ça rend les choses intenses, mémorables même. Je marque, je laisse des traces sur ton corps, dans ta mémoire. Tu penses à ce qui se passe et tu comprends rien parce que ça tourne vite. Moi non plus. Je le vis plus que tout le reste.

Ça te fait une histoire à raconter quand tu es ailleurs. Je t’imagine souvent autour d’un feu quelque part dans ton pays à raconter à tes amis qu’au Canada, du côté où les gens parlent français, il y a quelqu’un qui t’aime au point d’écouter ton cœur battre, quelqu’un qui t’attend sans vraiment t’attendre.

Ça te rassure que je sois là? Moi oui. Ça me fait croire que l’amour il peut durer toujours. Il est là, je ne le touche pas, alors il ne s’abime pas. Nous sommes loin de l’ordinaire qui tue les histoires de gens qui s’aiment.

Mais la vérité, c’est qu’il manque de courage notre amour. Peut-être qu’un jour, on aura la témérité de risquer de ne plus s’aimer. Peut-être qu’on fera le move, d’un côté où de l’autre de cet océan qui nous sépare. Il va être beau ce jour-là, parce qu’avant de se rendre laids comme ceux qui se détestent mais qui s’aimaient avant, on va se rendre beaux et pas à peu près.

Ils sont si jolis les cœurs qui penchent l’un vers l’autre comme les nôtres.

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