ce qui est chaud.

J’ai finalement trouvé l’endroit que je cherchais les yeux fermés. Il fait chaud, le ciel est sans nuages et la mer fait son bruit éternel. La plage est vide. Juste assez sauvage. Juste assez habitée. Il y a de la vie, mais pas trop.

Je n’ai pas l’amour facile ces temps-ci. Les gens en général non plus, selon mes observations. La plupart du temps c’est comme si on se trouvait des raisons pour ne pas aimer. C’est l’individualité, le je à qui ont laisse toute la place. Il faut être forte, briller même quand on est seule. Être bien dans la solitude, l’apprivoiser, la dominer. Mais ce sont tous des prétextes que l’on se donne pour ne pas aimer.

Quand j’aime, j’ai peur de devenir l’autre. Peur de devenir toi. Peur de me perdre et de me réveiller vide un jour. La vie est belle quand j’aime un peu, mais pas trop. Quand j’aime dans les limites du raisonnable. Quand je ne ressens pas le manque.

C’est mal vu d’aimer sans être aimée en retour. Il y a quelque chose de faible dans l’action d’aimer à sens unique, ou du moins c’est perçu comme tel. C’est pourtant l’inverse, ça prend du courage pour aimer au complet sans garantie. Le problème est que face à l’amour je perds toujours. Ce n’est pas en lui que je ne crois plus, c’est en moi. Alors je me cache.

J’espère que je serai assez forte cette fois-ci. J’ai tant de choses à te dire que j’ai peur d’oublier. Je regrette de ne pas t’avoir aimé comme il faut. Parce que oui, j’aurais pu, j’aurais dû. Mais ce serait moins beau. Trop peu trop tard comme on dit. J’irai en aimer un autre. J’espère que je serai assez forte cette fois-ci.

Je n’aime pas les fins. Le point final. J’aime laisser les histoires suspendues dans les airs et les rattraper au vol quand le moment est propice. Cette fin, je la sens venir. Le jour où ton sourire ne me fera plus grand-chose. Le jour où je vais essayer si fort de retomber amoureuse parce que c’est ce que je fais lorsque quelque chose m’échappe, j’essaie d’aimer plus fort, de le comprendre dans sa totalité. Je sens arriver la fin parce que je n’ai plus peur de toi.

C’est pourtant une belle finalité quand c’est l’amour qui s’en va de lui-même, tout seul, sans qu’on ne lui ait forcé la main. Mais ça surprend quand même quand il n’est plus là. Quand tout va bien et que d’un coup il n’y a plus rien. Plus de frisson. Plus d’envie. Plus de mains qui me brûlent la peau quand elles me touchent.

Il n’y a rien comme la solitude du bout du monde pour se souvenir de ce qui nous manque. Ça me fait penser à Papa. Je ne te parle pas souvent de lui, je sais. C’est parce que ça me rend vulnérable et que j’ai le cœur qui se brise chaque fois. J’ai de plus en plus de misère à me souvenir de ce qu’il dégageait. Son énergie me manque, sa  « onda ». Si tu étais avec moi, ici maintenant, c’est ce que je partagerais avec toi. Une partie de ce qui me rend la plus fragile au monde.

Je t’imagine voyager avec moi. J’aurais aimé te voir sous ce jour-là, sous le jour du voyage, le jour du pas ordinaire. Savoir ce que tu dis aux gens pour te présenter quand tu les rencontres pour la première fois. Quelles anecdotes tu choisis de raconter pour aider à définir qui tu es aux yeux des gens nouveaux ? Comment tu t’adaptes à ce que tu n’aimes pas ? J’aurais aimé te voir hors de ta vie, hors de ta boîte. J’aurais aimé voir quel aspect de toi brille le plus lorsque personne n’est là pour te dicter quoi montrer. J’aurais voulu te voir sans rien savoir comme le premier jour. Te voir dans un contexte libre, aléatoire. C’est étrange comme on arrive facilement à être vulnérable lorsqu’on est ailleurs.

Trop tard. Toutes ces envies-là sont déjà en train de doucement disparaître. Je voudrais t’avoir à haute intensité encore une fois. Ta peau contre la mienne et toute la chaleur qu’on est capable de faire. Ta langue au fond de ma gorge comme quand tu m’embrasses si fort l’air de dire que d’être collés ce n’est pas assez. Ne faire qu’un le plus possible, le plus longtemps qu’on peut.

J’ai hâte de te retrouver et de profiter de cette fin qui n’est pas encore ici. Je veux te partager ma chaleur nouvellement retrouvée. Te crier plein de jolies choses, te raconter tout en détail pour me faire croire que dans le fond, tu étais bien ici avec moi. J’ai envie que tu me fasses voler encore et encore. T’es le seul qui me donne d’aussi grandes ailes. C’est tout un pouvoir magique, j’espère que tu le sais. J’ai emmagasiné plein de soleil pour le partager avec toi. On va se voir dans le froid de l’hiver, je vais me déshabiller et paf ! Ce sera la Costa del Sol qui débarque dans ta chambre à coucher. J’aurai la peau brûlante, encore un peu salée, ça va te faire du bien. La chaleur va bien à tout le monde, mais à toi plus, ça te rend tendre, ça te fait t’ouvrir. Oui c’est ça. Quand je brûle, tu brûles aussi. On est beaux, même si on a l’air tout croche.

Sauf que ce n’est pas exactement comme ça que va se passer le retour. Les écrits ne connaissent pas les filtres, ni la peur. Dans la vraie vie, je vais te raconter mon voyage en trois mots pour ne pas t’emmerder. Tu vas sourire et me prendre dans tes bras. On va faire l’amour un peu plus intensément qu’à l’habitude parce qu’on vient de se perdre le temps de quelques semaines. Mais on ne se dira pas ce qui nous est passé par la tête quand on était séparés. On va se contenter d’être soulagés par le retour. Je vais te sourire mystérieusement à quelques reprises et tu vas me demander : « Qu’est-ce que t’as ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? » Je vais rire un peu et te répondre : « Rien, t’es beau c’est tout ».

Comme prévu, l’amour va s’en aller. Comme prévu, on va se laisser oublier. Tout ça parce que je ne t’aurai rien dit. Tout ça, parce que tu n’étais pas ici, pas vraiment.

 

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