Manifeste.

À toutes les Grandes Femmes qui croisent mon chemin et me font vouloir en être une moi aussi.

( Vous savez qui vous êtes )

Un vieil homme m’a dit cette semaine que c’était « le tour des femmes » alors qu’une femme que j’admire beaucoup m’a dit qu’elle « croit que nous nous dirigeons vers une société de femmes ». Drôle comme l’un exprime l’idée avec certitude et l’autre l’exprime à travers le doute. « Le parfait exemple d’une partie du problème », que je me suis dit. J’ignore s’il/elle ont raison, l’avenir nous le dira. Ce dont je suis certaine, c’est que mouvement il y a : je ne cesse de voir des femmes éclore. Au-delà des nouveaux moeurs qui se créent à grande échelle, je prends un immense plaisir à observer les petites victoires individuelles que l’on se permet dorénavant. Je ne doute pas de l’imminent changement de mentalité: le nouveau discours, il est déjà là, c’est juste que ce n’est pas tout le monde qui est au courant encore.

Je crois humblement que tout commence par l’anéantissement de la peur de soi-même. Cette intensité que nous avons d’emblée, celle qui nous a été trop souvent reprochée au point d’être considérée comme une faiblesse, comme quelque chose dont on doit avoir honte. Il a longtemps fallu taire « l’émotion ». Je me dis qu’il est temps de faire l’inverse. Il faut la faire sortir, libérer la femme sauvage, celle qui ne demande qu’à s’exprimer et être entendue.

C’est ce que je fais aujourd’hui à travers ce court manifeste, j’éclos à mon tour. Je brise le mur de la fiction sur ce blogue parce que je me rends compte que je n’ai plus envie de me retenir de quoi que ce soit. Ce qui m’obsède et m’angoisse depuis toujours, c’est la peur de ne pas être pertinente, de croire en une valeur que je n’aurais pas en fin du compte. D’être à côté de la plaque en fait. Il n’y a rien de blanc et de noir dans ce que je viens d’exprimer puisque tout ce qui s’écrit a le pouvoir de parler aux uns et d’en indifférer d’autre. Mais une fois que ce que je dis est « out there », devant tout le monde, le message ne m’appartient plus. Ça devient terrifiant quand même.

Je cible tranquillement des comportements de vie qu’il me faut éviter. Le déni étant pour moi un des plus dangereux, parce qu’invisible lorsqu’il m’a bien attrapé. Je veux faire face à ce qui me rend inconfortable et ce qui me fait souffrir. M’en servir pour me construire, me solidifier. C’est si facile de prendre la fuite, d’enterrer les malaises, les inconforts, les petites douleurs. De les laisser s’accumuler dans une boîte jusqu’à ce qu’elle explose au mauvais moment. J’ai l’ambition de devenir/d’être/de rester une femme saine, bien en équilibre de l’intérieur comme de l’extérieur.

Alors voilà, je me jette dans le regard des autres en me disant que j’apprendrai à l’apprivoiser. Il est lourd ce regard, il peut faire extrêmement mal. Le désir de plaire est écrasant et peut nous transformer pour toujours.

Je me dis qu’à certains moments de ma vie, je suis arrivée à plaire plus qu’à déplaire. Mais c’est à ces moments-là que j’étais le plus vide. À force d’obséder sur tout ce qui pourrait mal aller ou être mal reçu, je me suis formatée pour être plus aimée. C’est tout un exercice que de se plier aux désirs contradictoires des autres. À la fin, il ne restait plus grand-chose qui m’appartenait réellement. À quoi bon être aimée dans ces conditions-là?

Sur papier, je me suis longtemps cachée derrière l’ambiguïté que la fiction exclusive me permettait de créer. Quoi qu’on en dise, on se trahit toujours un peu quand on écrit, peu importe la forme du texte. Quand je lis les autres, j’ai l’impression d’avoir accès à une parcelle de leur âme. Ça me terrorise de savoir que l’inverse est aussi vrai. Je suis prude. J’ai toujours eu plus envie d’inventer des vies que de partager la mienne. Sauf maintenant, je veux pouvoir faire les deux quand ça s’y prête. Bien que je ne crois ni à la fiction ni à la vérité absolue dans la création, je crois qu’elles peuvent être reçues de façon aussi intransigeante. Quand on met quelque chose dans l’univers, ça n’existe dorénavant que dans la perception des autres.

Je recommencerai donc à publier ici sous toutes les formes : des réflexions, des tranches de vie, des nouvelles, etc. Presque comme avant en fait. Là où ça changera, ce sera dans des textes comme celui-ci, quand j’aurai quelque chose à dire en tant que moi-même, j’oserai.

Puisque j’ai eu 29 ans la semaine dernière (je me plais à dire que j’ai 30 ans pour me préparer mentalement au changement de décennie), je commence à me considérer « adulte ». Ça m’aura probablement pris plus de temps que la moyenne pour en venir à cette étape que j’ai longtemps évitée par exprès. Je ne souhaite pas dire que j’ai fait « le point », parce que ça me semble aussi naïf qu’impossible à faire à un si jeune âge, (non mais vraiment, je sais encore rien du tout de la vie) mais je me suis donné les quelques axes pour ne pas perdre pied que voici:

1 – En mouvement je ne cesserai d’être (dans ma tête, physiquement ou géographiquement).

2 – « Fuite » et « mouvement » je ne confonderai pas.

3 – Libérée du regard d’autrui je serai (même quand je nage en plein dedans).

4 – Mon corps j’accepterai (ça suffit les complexes).

5 – Avec toutes mes forces toujours j’aimerai (c’est le numéro 5, mais en fait c’est le numéro 1-2-3-4-5-1000).

6 – Le déni je fuirai (seule chose que j’ai encore le droit de fuir).

7 – De moi je n’aurai plus peur.

8 – Seule, je revoyagerai bientôt (ce type de solitude a bien été apprivoisé, ça se célèbre!).

9 – Jamais plus à l’amour je tournerai le dos (surtout pour une raison aussi niaiseuse que la peur d’avoir mal).

10 – Chaque année ce manifeste, je réécrirai.

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